Le SOIR du DEBARQUEMENT

ou   « La Grande Bataille des Plumards »

 

6 Juin 1944 …. 19H00 !

Utah Beach
Utah Beach

Les plages sont conquises et sécurisées … des « landing crafts » dégorgent un flot ininterrompu d’hommes et de matériels qui prennent sans arrêt la direction des terres. Dans le bruit des moteurs qui s’emballent pour grimper vers les champs, le cliquettement des chenilles des blindés qui mordent le gravier, un mégaphone hurle les ordres d’un « beach landing officer » qui accélère le mouvement, tel un « bobby » s’évertuant à canaliser le flot des véhicules à « Piccadilly Circus » !
Un peu éparpillés, sur l’herbe, au milieu des trous d’obus, les rescapés de la première vague, étonnés d’être encore vivants, tentent de recoller au moment présent, vident leurs bidons de flotte et même quelques bouteilles de cidre que de courageux premiers libérés normands leur apportent en les embrassant !
Et ils pensent : « Peut-être sera-t-il bon, plus tard, de revenir, nous ou nos femmes, dans cette France qui sait si bien nous accueillir ! » – Prémonition ?

sablier

Dans le sablier du temps 30 Années ont filé !

La Station s’apaise dans les dernières lueurs de l’astre qui glissent sur les pistes fermées. Unes à unes les fenêtres, les vitrines, les galeries se piquettent de lumières. Dans le grand salon de l’Hôtel où nous venons si souvent en renfort, c’est l’heure calme du ressourcement dans les lumières tamisées, propice aux échanges voilés, aux déplacements feutrés, où même le barman tempère les glouglous des apéritifs qu’il prépare.
le-soir-arriveNoyés dans la douceur de vastes fauteuils, je contemple avec mon épouse les derniers rayons qui s’accrochent aux cimes des sapins en petits éclairs, comme si l’astre voulait allumer des bougies pour se perpétrer encore un peu dans la nuit qui le chasse.
Pourtant, sous ce calme apparent, une activité se déploie pour préparer l’arrivée, prévue le lendemain dans la matinée, d’un car de touristes U.S. – et pas n’importe lesquels … des « Bostoniens » ! 30 « Ladies » et une dizaine de « Sirs » !
En aparté, je préciserai à l’attention de lecteurs peu au fait des subtilités de l’Histoire des Etats Unis, que Boston s‘enorgueillit d’être le fleuron des States. Créée par les Puritains fuyant l’Angleterre au XVIIIème siècle elle tend à se prendre un peu pour l’âme et la conscience des U.S.A. – Pour être tout à fait honnête, je dois dire que le XXIème siècle la voit évoluer rapidement.
Un car de quarante personnes prenant gîte dans un hôtel de luxe, à la neige, un-carc’est un peu comme hériter d’une poule aux œufs d’or qui se mettra à pondre pour vous pendant une petite semaine. Naturellement la poule doit se manipuler avec des pincettes, étant entendu que le moindre de ses gloussements est synonyme d’ordres, exécutables sans recours ! La perspective du chèque qui soldera le séjour est naturellement d’un grand encouragement à stéréotyper son sourire sur ses lèvres pour toute la semaine ! Pour réussir cette gageure, la solution est que cette semaine soit considérée comme une bataille à gagner. D’où la nécessité d’une préparation des troupes et du terrain parfaite pour voir briller au bout du compte son Soleil d’Austerlitz !
Apparemment tout semblait être au point pour gagner la bataille de « Boston » !
Le salon se remplit peu à peu. J’ai tendance à piquer du nez dans mon club, entendant vaguement notre amie nous tenir au courant de l’avancement calme des travaux ménagers. Ça y est … je plonge !

Si l’Archange, embouchant la trompette du Jugement, nous avait soudain annoncé « La troisième Guerre Mondiale » la réaction dans l’Hôtel aurait été la même. Un double hurlement de clackson, ponctué du crissement de pneus freinant sur le gravier dégagé de l’entrée de l’Hôtel percutent tout le monde tel un boomerang ! Sous les regards ébahis et éblouis, les deux yeux électriques du monstre saturent le hall de lumière alors que sa masse sombre et indécise dans la nuit bouche presque toute l’entrée !
La patronne jaillit de son bureau et se trouve nez à nez avec une jeune femme qui vient, elle, de jaillir du monstre – enfin du car de tourisme heureusement stoppé par les escaliers qui précèdent l’entrée. Elle tend un papier que prend l’hôtelière et sans attendre de réponse, se tourne vers le car et hurle : « OK !

Boston !
Boston !

Every thing good ! We’re arrived ! » tandis que notre amie, tremblante et soutenue par mon épouse, laisse tomber dans un murmure :

« Mon Dieu ! Ce sont EUX ! »

EUX ! Avec près de 15 heures d’avance, les commandos de Boston débarquent !

On pourrait penser, ce n’est quand même pas le bout du monde ou la quadrature du cercle. Peut-être un souper à improviser car non prévu ? mais dans les Grands Hôtels les garde-manger et les réserves sont toujours bien pourvus, donc ? Le remue-ménage de l’arrivée ? Bah ! un sujet de conversation pour les résidents au repas ou à la soirée !
Je ne dirais pas non à priori mais … il faut se remémorer ce que sont la vie et les habitudes dans un Hôtel étoilé dans une Station de Sports d’hiver. Par définition dans l’hôtellerie la chambre doit être libérée le matin de telle sorte qu’elle soit remise à neuf pour les clients nouveaux, dans l’après-midi. A la neige il en va tout autrement, très souvent pour ne pas dire toujours. Les matinées de départ qui s’étirent pour des tas de raisons sont légion, parce qu’on n’est pas pressé de regagner les plaines, parce que la dernière soirée a été ardente … ou arrosée, parce qu’on se demande, en tournant en rond si on ne pourrait pas rabioter un ou deux jours avant de reprendre le collier, ou … simplement par un coup de flemme insurmontable. Comme on sait que le Directeur ne viendra pas vous expulser manu-militari, les départs sont souvent difficiles et l’organisation bien cadrée de la gestion des chambres est souvent mise à mal. Si cela concerne une, deux ou trois chambres, il n’y a pas de vrai problème, mais, 40 d’un coup !!!
combien-pretesTel est donc le problème qui se pose à notre amie. Car un bon nombre de chambres ne sont pas encore prêtes à recevoir leurs hôtes. Ayant un peu récupéré, notre hôtelière – appelons-la « Anna » pour faciliter l’histoire – cherche la jeune fille au papier – qui doit être la responsable touristique du groupe – pour lui demander de faire patienter ses ouailles dans le car … Las ! Les premiers éléments du commando viennent de franchir le seuil, ultime ligne de défense possible, poussant valises et sacs tels des béliers destinés à briser toutes résistances. L’occupation du hall est menée de main de maitre alors que le reste de la cohorte féminine se bouscule pour entrer, suivie par les mâles encore plus chargés de sacs et valises, le tout dans un concert de « braillements » (je ne peux trouver d’autre terme) auxquels nous ne comprenons rien et pour cause ! D’ailleurs il semble bien que la montée de la vallée vers la Station ait été l’objet de libations festives si j’en crois la rougeur des visages qui ne doit rien au froid de la nuit.
Anna, qui avait retrouvé un peu de tonus, voit soudain tout s’écrouler car un mouvement se dessine parmi les troupes d’assaut pour investir l’escalier qui monte … aux chambres ! Si la horde glapissante accède aux chambres non prêtes, c’en est fini de la réputation de l’Hôtel, la troupe Bostonienne rembarquera avec fracas et nous n’aurons plus qu’à plier l’échine sous les injures made in america, toujours sans les comprendre. Après naturellement, s’être fait rembourser les acomptes – Business is Business !

Le Saloon !
Le Saloon !

On a dit que les idées salvatrices éclosent dans les moments de grand danger. Les trognes enluminées, plus les souvenirs que j’ai de la fréquentation de quelques GI, pendant la guerre, en Angleterre, plus la légende des saloons, mille fois filmée dans l’Ouest mythique où, après 4 coups de revolver le héros lance « Whisky pour tous ! » (Il doit bien y avoir un peu de vrai là-dedans !) l’idée s’impose que je ne peux stopper l’invasion qu’en ramenant le commando derrière ma Ligne Maginot : le Bar de l’Hôtel ! Je plonge dans la mêlée sans plus tergiverser, bousculant quelques « ladies » dont j’ignore les « Be carrefull ! » indignés, je me propulse en haut des marches, stoppant net la progression des éléments avancés. Il était temps, elles en sont à la cinquième marche !
Les bras étendus, tel le Christ de Rio ou le Général Dumouriez au moulin de Valmy, ayant enregistré du coin de l’œil le départ d’une équipe de secours, composée d’Anna et Co (c’est mon épouse), plus deux clientes amies, engagées volontaires, plus nos ados qui viennent de rentrer à point nommé, je lance un éclatant et définitif : « Ladies and Gentlemen » ! Miracle … le silence s’établit d’un seul coup !
Allons petit ! Ce n’est pas le moment de flancher ! J’ai quarante paires d’yeux qui me fixent, me scrutent, me détaillent. Si je ne réagis pas immédiatement, ça être la ruée et je serai balayé comme fétu de paille ! Je relance « Ladies and Gentlemen ! » un ton en dessous. Je rassemble tout ce qui me reste d’anglais et tant pis si mon accent est celui de Cambridge et non de La Nouvelle-

Le Bar
Le Bar

Angleterre. En quelques phrases plus ou moins hachées, je proclame qu’il ne saurait être question de recevoir nos hôtes américains sans les honorer d’une façon particulière. Et cela se résume en quelques mots : « Whisky for all of You ! ». C’est le maître-mot ! Le jeune de la famille qui fait office de barman a anticipé en ouvrant en grand les portes qui séparent le bar de l’entrée. L’Amérique s’engouffre dans la nasse, les trente ladies poussées fermement par les dix gentlemen. Je file derrière le comptoir. Devant, Boston est presque au garde-à-vous. Curieusement un silence complet s’établit, comme celui qui précède l’attaque !

Comme on la nommera plus tard : « La Bataille des Plumards » vient de commencer !

whisky
Whisky

Jo – tous les barmen s’appellent « Jo » aux States – commence à aligner les petits verres spéciaux, genre mignonettes, à la file en rang serré et j’ouvre la caisse de scotch qui a été livrée juste ce matin. Diable ! Du « 12 ans d’âge » ! Ils ne pourront rien nous reprocher ! Dans la hâte je n’ai pas retenu le nom du nectar et j’en demande pardon à l’Ecosse, mais au combat on ne lit pas le numéro des cartouches ! J’attrape la première bouteille, la décapsule et soudain le silence se fait quasi-total, comme si nous allions pratiquer quelques rites secrets et mystérieux. Je l’élève et la montre à la foule – pour le « 12 ans d’âge » – puis comme le tenancier d’un saloon, je fais courir le goulot sur tous les verres. Les dieux écossais doivent être avec moi car je n’en renverse presque pas sur le comptoir ! Je remplis mon verre, un peu, pendant que « Jo » distribue les quarante autres, je le lève comme pour porter un toast toujours dans ce silence inexplicable et tel la statue de Liberty Island, je lance :
« Boys and Girls, for Liberty …. Cheers ! »
Un coup de tonnerre se déchaine : quarante bras se tendent avec leur verre, quarante gosiers clament avec le bel ensemble d’une troupe bien entrainée :

CHEERS !
CHEERS !

« Cheers ! » et avec toujours le même ensemble les quarante godets sont vidés cul-sec ! Un point d’orgues et les verres se réalignent sur le comptoir.
OK ! J’ai compris et comme Anna n’a pas encore reparu pour annoncer la fin de l’Opération « Chambres » je remets le service. Cette fois la libation s’exécute chacun pour soi, dans un brouhaha de propos, de claques dans le dos, de tirades qui nous sont destinées mais dont on ne comprend goutte. Un peu plus loin, tous groupés, les clients de l’Hôtel qui, tout à l’heure se laissaient aller aux douces rêveries d’une soirée neigeuse, sont serrés en demi-cercle, contemplant effarés l’espèce de comédie baroque qui se joue autour du bar. Car la neige s’est mise à tomber, lentement, silencieusement, nous isolant encore plus du monde et rendant parfaitement irréelle le genre de commedia dell’arte qui se joue autour du bar. Les verres se retrouvent de nouveau alignés … troisième service !
Le self control et la retenue proverbiale des descendants des puritains anglais réfugiés au Massachusetts sont en train de partir en lambeaux dans les vapeurs onctueuses du « 12 ans d’âge ». Avec Jo nous avons devant nous une foule en pleine effervescence dont le seul acte unitaire consiste à remettre ensemble les verres en ligne pour un nouveau remplissage ! Et tiens donc … voilà qui est fait … quatrième tournée !
Mais voilà du nouveau ! Un petit vide se fait autour d’un grand escogriffe que j’ai déjà remarqué pour sa taille. Droit comme un « I », la chevelure blanche us-flagfoisonnante, un port altier, autour de 50/60 ans, ce gars-là est surement un rescapé d’Utah-Beach ou d’Omaha-Beach. Trente secondes de conciliabule, il lève son verre, le silence soudain se fait …… « O Say, does that star…. » d’une belle voix de contralto il entonne l’hymne américain, le « Star Spangled Banner » repris par l’ensemble du bataillon ! Par reflexe tout le monde, dans le salon, s’est figé au garde à vous.
C’est un puissant « Hourra » qui conclut, suivi des applaudissements des spectateurs.
L’ex-GI s’approche et j’ai droit, par-dessus le comptoir, à une accolade dont on se souvient dans la vie d’un homme ! Les verres s’étant réalignés, par hasard bien sûr, j’ai droit à une cinquième tournée. Nous en sommes à la sixième bouteille et à ce train-là toute la caisse va y passer. Il serait temps que le commando-plumards donne de ses nouvelles.

Ouf ! Voilà Co qui apparaît et me fait signe discrètement que tout est OK ! Le plus dur va être de convaincre le bataillon de quitter le camp de la soif pour gagner ses casernements. D’autant que quelques ladies commencent à donner des signes d’un équilibre incertain et que la tonalité générale tend vers les aigues. Je mobilise donc tout mon courage et mon anglais, qui ne s’est pas amélioré, bien que dopé à l’écossais, je me hisse sur la caisse de whisky, histoire d’avoir un peu plus d’ascendant et je me lance !
J’attaque avec un « If you please… » sonore, plus crié que parlé, mais le but est atteint et le silence se fait, ponctué de quelques « Shut up » comminatoires. Tant bien que mal je leur fais comprendre qu’on est très heureux de les avoir, et aussi d’avoir participé à notre invitation, et que demain il fera jour, et qu’on a toute la semaine pour se congratuler et faire connaissance…. Je pense qu’ils ont compris mais je crois surtout que le « 12 ans d’âge » de la cinquième tournée est en train de faire son effet ! En tout cas le mouvement s’amorce vers les escaliers, très sagement, très calmement et j’en vois d’ailleurs qui ont une certaine difficulté à gravir les marches. Nous sommes loin de la fougue et de la détermination des premières éclaireuses jusqu’à la conquête de la cinquième marche !
Le bar est vide, le salon a retrouvé son calme feutré, des flocons descendent toujours en valse lente, sortant de la nuit en s’illuminant au contact des plages de lumières. Les clients ont retrouvé leurs fauteuils, leurs canapés, leurs conversations feutrées. Mais on voit bien que le sujet principal des échanges ce soir tournera sur le débarquement U.S. et sur l’action défensive menée sur le front du Bar, grâce aux « armes » venues d’Ecosse !

Laissant « Jo » terminer la remise en ordre du bar dans un coin duquel trônent les six containers de la victoire, je retrouve Anna, écroulée à son poste de réception dans le hall d’entrée, fatiguée par le coup de reins qu’il a fallu donner dans les étages, mais encore sous le coup de la peur qui l’a saisie quand le bataillon de Boston a déboulé du car. Mon épouse parait être aux abonnés absents et toutes les deux tentent de se réconforter mutuellement. Je suis moi-même dans un état second, bien qu’ayant dosé mes gobelets au minimum, mais maintenant que l’excitation du combat est retombée, le tonus nerveux affiche « 0 » ! Je crois qu’il est temps de mettre les troupes au repos et je décide une retraite stratégique vers notre chambre personnelle. Hélas pour Anna il n’en est pas question car la cloche vient de sonner l’heure du repas et il lui faut reprendre le harnais, retrouver le sourire, veiller à tout et à tous comme chaque jour, donner le change comme si l’Amérique n’avait jamais été découverte par Colomb !

Grandeur et Servitude de l’Hôtellerie !

C’est un paquet d’encouragements que nous lui donnons avant d’aller sans attendre nous glisser sous la couette !

 

Lorsque j’écris ces lignes aujourd’hui, le vieux monsieur que je suis sent monter en lui une grande bouffée de nostalgie. Oh ! Non de la jeunesse passée mais de cette époque d’après la Grande Tuerie, où tout semblait possible, où l’on rêvait de Paix Universelle, de fraternité retrouvée, où l’avenir ne pouvait être que le début d’une nouvelle Ere, où l’homme porterait un regard fraternel sur l’Autre, sans distinction de label, où tous les problèmes, quels qu’ils fussent, pourraient se résoudre sans haine, sans violences.

J’ai intitulé cette petite aventure « Le soir du Débarquement » avec un rappel du 6 Juin 1944, parce que cette arrivée en force d’un car de touristes non attendus aurait pu tourner au drame, petit peut-être mais drame quand même, drame économique pour l’Hôtel, drame humain par l’affrontement qui pouvait s’ensuivre, drame de société par les traces qui en seraient restées dans l’esprit de tous les protagonistes.

Mais j’ai aussi choisi ce titre pour une raison ludique, plus ironique, dans le style de la commedia dell’arte, pour cette vision inversée du « Jour J ». Débarquement à une heure non attendue, comme sur un lieu non prévu pour le Grand ! La furia des Ladies fonçant dans le hall comme les GI jaillissant des « landing-crafts » ! Enfin la réaction des occupants des lieux pour retarder l’accès aux chambres, rappelant l’idée de Rommel de contenir l’invasion sur les plages !
Ma plage s’appela « Le Bar » et mon arme tactique, l’arrosage des troupes au « 12 Ans d’Âge » !
Lorsque le combat prit fin, il n’y avait ni vainqueurs ni vaincus, ni assaillants ni défenseurs, mais des hommes et des femmes qui avaient découvert une autre approche, fraternelle celle-là, des uns et des autres !

Un « combat » qui a dû marquer durablement la mémoire de ceux qui le vécurent !

nuit-montagne

Et « Le Soir du Débarquement » l’Hôtel s’endormit dans la Paix des Cœurs !

Claude

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