Le Comte Louis COLLE

    LE SAINT DE LA FARLEDE

Mariés depuis plusieurs années, le comte et la comtesse se désespéraient de n’avoir pas d’enfant quand, soudain leurs prières furent comblées par la naissance de leur fils Louis.

Louis COLLE
Louis COLLE

Seize années passèrent pendant lesquelles le comte ne manquait pas d’aider et soutenir toutes sortes d’œuvres de charité, utilisant sa fortune au soulagement des plus démunis. Dans le même temps, Louis se développait en âge et en sagesse suivant l’exemple donné par ses parents en se tournant vers Dieu.
C’est ce moment que choisit Marie Auxiliatrice pour la rencontre de cette famille avec notre saint Patron.Au mois de février 1881, profitant du passage à Marseille de Don Bosco, le curé de la paroisse Notre Dame à Toulon, le supplia de venir assister la famille Colle en grand désarroi face à la maladie de leur fils unique. Don Bosco après quelques hésitations et sans doute inspiré par Marie, se rend à La Farlède au domicile de maître Colle, avocat très apprécié des milieux catholiques.Mis en présence du jeune Louis, il fut frappé de l’ingénuité de son âme et de sa pureté. Comprenant que le fruit était mûr pour le ciel, il prépara doucement le malade à faire le sacrifice de sa courte vie sans toutefois le détourner de l’idée de demander sa guérison si tel était l’intérêt de son âme et la Gloire de Dieu.
Il plaça le malade sous la protection de Marie Auxiliatrice, dont il portait déjà la médaille, en lui recommandant d’invoquer souvent cette Bonne Mère. Ce qu’il fit durant les quelques jours qui lui restaient encore. Après quelques jours de souffrance pendant lesquels il répétait « J’irai au Ciel » comme me l’a promis Don Bosco, il s’endormit doucement dans le baiser du Seigneur : c’était le 3 avril 1881.
La foi vive et profonde du Comte et de la Comtesse leur permit d’accepter cette

Lou Castèu
Lou Castèu

terrible épreuve que Dieu leur envoyait d’autant que Don Bosco leur donnait la certitude que leur fils était au paradis et qu’il les attendait. La mort de Louis qui donnait au Ciel une âme de choix, assurait en même temps un secours extraordinaire aux pauvres et aux malheureux, en effet, le Comte ne tarda pas à rendre manifeste ce témoignage de la grâce divine en annonçant que désormais, à la place de son fils, il adoptait les enfants de Don Bosco.
« Dieu vous a enlevé votre enfant pour que vous adoptiez mes orphelins » leur écrit Don Bosco. En véritables chrétiens qu’ils étaient, le Comte et la Comtesse prirent ce mot au pied de la lettre et dès lors mirent leur fortune à la disposition du saint homme et de 1881 à 1888 leur existence se trouvera intimement mêlées à celle de notre Père Fondateur.
Chaque fois qu’il se trouvait en difficulté, Don Bosco faisait appel à leur générosité si bien que l’on a calculé que, durant cette période ils auraient donné par an plus de 125.000 francs de l’époque pour les œuvres salésiennes. (Ce qui représenterait cent cinquante millions de nos francs d’avant l’Euro). Bien qu’ils n’attendissent rien en retour, Don Bosco ne manquait jamais une occasion de

Le Valdocco
Le Valdocco

leur prouver sa reconnaissance (les Colle ont ainsi reçu plus de 80 lettres du Saint) en venant les visiter à chacun de ses passages dans la région et en les recevant à Nice ou au Valdocco et, enfin Don Bosco eut l’immense joie d’obtenir pour eux, de Rome, le titre de Commandeur de l’Ordre de Saint Grégoire Le Grand.
Bien qu’il signât désormais ses lettres de « Commandeur » il se laissait commander par Don Bosco et aussi par son fils Louis qui venait faire de fréquentes et étranges visites à Don Bosco.
Elles sont attestées par le Saint, qui écrit à Madame Colle « En réfléchissant bien à ces apparitions et en étudiant leur caractère spécial, je suis absolument convaincu qu’il n’y entre aucune illusion. Elles sont une réalité. Tout ce que je vois est très net et conforme à l’esprit de Dieu. Louis possède sans doute le bonheur du Paradis. Le but de ces fréquentes visions, je l’ignore : c’est le secret de la Providence. Je reconnais en tout cas que Louis m’a grandement instruit en m’apprenant sur les sciences profanes et sur la théologie mille choses qui m’étaient absolument inconnues ».
Quelques jours après le trépas de l’enfant, il apparut à Don Bosco en un jardin splendide, s’amusant avec d’autres adolescents, l’air radieux. Quelques semaines plus tard le 27 mai, jour de l’Ascension au cours d’une messe célébrée à sa mémoire, il apparut encore rayonnant de splendeur et d’allégresse. À la fin de la messe, il le retrouva, agenouillé près de lui pour les dernières oraisons et encore à la sacristie au milieu d’une troupe de jeunes gens morts en odeur de sainteté. Cent autres fois, à l’autel, à table, dans sa chambre, dans la cour, partout son jeune ami lui apparaissait et même jusque dans le train aussi bien à Rome, Turin ou Paris. Au cours d’un voyage en France il s’exprima en latin exposant les magnificences divines, puis lui parla des nébuleuses soulignant le temps qu’il faudrait en train pour atteindre le soleil (soit 350 années). Insistant sur le fait que certaines nébuleuses sont cinquante millions de fois plus grandes que le soleil et que leur lumière met des millions et des millions d’années pour parvenir jusqu’à nous.
Un jour Don Bosco lui demande « pourquoi ne te présentes-tu pas à tes parents ?  Ils seraient pourtant heureux de te voir ». L’enfant répondit « Pourquoi voulez-vous savoir ce que Dieu se réserve ! »
Les apparitions continuèrent nombreuses plus ou moins prolongées mais

Le Coudon
Le Coudon

toujours fort instructives. Le saint prêtre transmettait ensuite une partie de ses communications à ses amis de La Farlède, leur parlant du bonheur de leur enfant. Lors de sa dernière apparition, le 10 mars 1885, Louis lui confia que lors de sa maladie, il était mieux qu’il ne guérisse point et que la Sainte Vierge avait dit au Seigneur « Cet enfant est à moi, je le veux maintenant ». Racontant à ses amis cette dernière visite le 1er juin suivant, il leur décrivit la beauté des vêtements de leur fils ainsi que la couronne qui ceignait son front semblant faite de multitude de diamants.
Le Comte et la Comtesse demeureront fidèles à Don Bosco jusqu’à l’extrême limite de leur vie, lui précédant son épouse de deux années rejoindra son fils le 31 décembre 1887 un mois exactement avant son grand ami Don Bosco. Rendons aujourd’hui hommage à cette famille qui accompagna Saint Jean Bosco et permit à La Navarre de se développer et d’accueillir tant d’enfants, à commencer par nous.

D’après un récit du père ENGER, librement adapté par Michel PIERRE

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