L’Histoire du Jambon

            Comme   « Un Conte des Collines »

Celles des « Sollies »

« Vé ! Bonjour Monsieur BRUN ! Alors on lézarde, au beau soleil de chez nous ? Mais dites, vous prenez votre pastis tout seulet ? Ah ! Monsieur Brun, quelle faute ! Souvenez-vous … il y a quelques temps je vous ai raconté son histoire ! Le pastis …c’est convivial ! C’est comme nous, cher Ami, les « gens du sud », comme ils disent à Lille, on aime bien être ensemble pour faire les choses ! Pour nous amuser mais aussi pour « travailler », ici on dit pour « œuvrer », pour aider comme je fais avec mes collègues à La Navarre, pour les « Petits » (même si ils sont un peu grandets déjà). Tenez çà me rappelle une histoire ! Avec les Anciens nous nous réunissons pour célébrer les fêtes. Les pères nous célèbrent une messe et nous nous retrouvons pour un repas convivial. En particulier aux Rois, vous savez, l’Epiphanie, il y a un loto. Oh ! CIMG0220les lots sont ce qu’ils sont, c’est surtout l’ambiance qui nous plait ! Pourtant une fois, il y eut un beau, un très beau premier lot. Et voyez comme nous sommes, dans le Midi, on a sauté sur l’occasion de donner une suite, une fête après la Fête ! C’est l’heureuse gagnante qui me l’a racontée. Moi, Monsieur Brun, peuchère, j’étais absent, mais, tenez écoutez-la, elle va vous le narrer elle-même ! »

Le petit cochon ayant mangé tant de grains
Qu’en un porc gros et gras rapidement devint.
Sa destinée porcine, en saucisses et jambons
Sur nos tables un beau jour le mena tout de bon.
Tout petit cochon rose il régalait nos yeux,
Ainsi son merveilleux jambon combla aussi nos vœux.
D’une agape homérique, un soir, il devint la vedette,
Pour lui cela valait bien mieux que finir en Superette !

C’était le dernier carton du loto des Rois, celui du gros lot. Ils ne nous restaient que deux ou trois cases à remplir. Et voilà, le carton est plein. Une Question immédiate: je le déclare, ou je laisse la chance à un autre. J’ai crié : carton !. Il y eu quelques mouvements de protestation. Mais nos copains, eux, ont bondi, pour nous rassurer, et nous expliquer, affectueusement, que nous pourrions le déguster tous ensemble, à la maison.
Tous ceux qui ont été invités, et qui pouvaient venir, sont venus. Mais chacun nous a dit : « J’apporte le vin rouge, et moi le blanc, et moi le rosé et moi, la Tapenade, et la « pommade  » de maquereaux, et moi je te fais désosser la bête et je la couperai en tranche, et moi j’apporterai des pommes de terre de notre jardin, et elles seront cuites, et moi des glaces, et moi des biscuits ». Nous n’avions plus qu’à emprunter les appareils à raclettes, à nous faire guider pour le choix du fromage, et de quelques charcuteries supplémentaires, et de confectionner un gâteau slovaque.
Mais il fallut imaginer comment agencer la salle de séjour. Pensez donc : recevoir vingt personnes, là où nous n’avions jamais été plus de six ou huit à table.
Un coin de la salle de séjour fut sacrifié pour recevoir les fauteuils et banquettes encombrantes.
Nous avons fait le tour de nos placards pour dresser les tables de la plus jolie manière possible avec nos services disparates. Mais nous avons dû emprunter des chaises. Ce qui a ajouté à la couleur du service.
Mais, surprise, alors que les premiers copains arrivaient, la neige, elle aussi, vint s’inviter. Et au fur et à mesure, les convives se réfugièrent dans le coin, en se serrant bien, déclarant que c’était l’heure de l’apéritif.
Ils firent honneur à toutes les bonnes choses apportées par chacun d’entre eux. Le jambon et le fromage étaient excellents, les vins, la glace, les gâteaux et les spiritueux aussi. La bonne humeur régnait.
Au dessert, la couche de neige avait épaissie, nous étions dans les nuages. Le tout, accompagné de la raclette, nous avait transportés dans une ambiance de chalet montagnard.
Heureusement, il n’y avait que très peu de neige en bas de la colline, et, la nuit venue, chacun pu repartir et rentrer en sécurité.

«Pas mal, Hein ?  Je vous le disais, Monsieur Brun, en Provence les bonnes choses, en particulier, c’est toujours ensemble qu’on les fait ! Vous allez, je le sens bien, me dire « Ailleurs aussi on fait des fêtes ! » Té ! Bien sûr il manquerait plus que le reste du pays soit morose ! Mais ici, « avé le soleil » on pousse le bouchon un peu plus loin ! Tenez, surtout quand on fait le bien, comme à La Navarre, « avé le sourire » ! Voilà que je vous parle en Salésien ! Vous savez … Don Bosco ? …vous connaissez ? »
« Bon ! Alors, à la bonne vôtre, Monsieur Brun ! »

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Claude – Ecrit autour du texte éponyme d’Hana Prigent

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