ROME II – La Grande Journée

        « Des Pas dans la Ville ! »

Le lendemain nous visitons les musées du Vatican. Nous devons nous présenter à 09 heures 30. Ceux qui ont acheté leur billets par « internet » , remontent les

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La Pigne

files de ceux qui piétinent. Mais tous arrivent sur un dispositif de sécurité aussi bien équipé que dans un aéroport : portiques détecteurs de métaux, tunnels de fouilles électronique des sacs et vêtements, et surveillants qui paraissent désœuvrés…puis délivrance de vrais tickets contre les reçus imprimés maison, et livraison de guides audio et de plans « papier », qui nécessitent un petit apprentissage de décryptage.
Immédiatement il nous faut choisir: monter un grand et large escalier et aller à droite ou à gauche, ou rester au même niveau et aller tout droit. Et tout droit débouche sur une grande place, une cour jardin engazonnée.
Sur notre gauche , une pigne de pin énorme, verte, couleur bronze oxydé, trône en haut du parapet d’une sorte de terrasse. Au pied de la pigne, deux lions couchés, montent la garde. Et derrière, au niveau du sol, un peu caché, un café !
La terrasse de la Pigne est protégée par une demi coupole, dont le sommet est

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La Boule dorée

au niveau du toit. Depuis le sol nous ne pouvons pas deviner quels sont les objets sur la terrasse.
Au milieu de cette esplanade-jardin, au croisement de ses axes principaux, il y a une boule dorée, de trois à quatre mètres de diamètre. Sa surface lisse et brillante est parcourue par des fractures qui dévoilent des entrailles. Nous n’avons pas su en lire les symboles.

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Le Couple de marbre

Au bout de l’allée, au dessus d’un escalier qui mène à une salle non ouverte au public, il y a un balcon. Là, un couple de marbre, un peu abimé par les années, contemple les visiteurs.
Nous quittons ce jardin, en revenant vers son entrée, pour rejoindre, par un escalier, une galerie égyptienne.
Nous sommes accueillis par des sarcophages dorés, des momies, et des statues de dieux égyptiens, liés à la mort.
Immédiatement après vient une exposition, pré-étrusque, ou étrusque primitive. Nous sommes en face d’ustensiles quotidiens en

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Déesse de la Fertilité ?

terre cuite. Sur une étagère il y a une statuette, grossièrement modelée. Elle rappelle une déesse de la fertilité. Les vitrines protègent une collection de vases et d’amphores .
Sans préavis, nous arrivons en face de fresques et de fragments de bas reliefs qui nous apparaitraient assyriens, ou même babyloniens ; l’une représente un dieu ailé, pourvu d’un bec acéré, l’autre des ennemis vaincus, flottants morts, dans une représentation d’eau.

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Bas relief babylonnien

Il semble que les musées (galeries) portent le nom des Papes qui ont supervisé à leur création. En sortant de l’ensemble égypto babylonien ou égypto assyrien, nous sommes dans une sorte de petite rotonde, en face d’un nu grec. Nous entrons dans une nouvelle galerie. les largeur des bâtiments anciens ne pouvaient être celles d’aujourd’hui. Les arbres, même les plus beaux, ne

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Un sarcophage

montaient au ciel, donc les poutres avaient un longueur limitant la largeur des étages. Jusqu’à la chapelle Sixtine nous seront dans des salles formées d’un étage.
Après le nu grec nous sommes mis en face de sarcophages très ouvragés, probablement en marbre. Ils sont sculptés et représentent des scènes de vie familiales, ou encore le taureau sacré, ou la fin du combat entre Achille et la Reine des Amazones, mourant dans les bras du héros qui vient de la blesser mortellement. Il y a des dieux condamnés à mourir étouffés par des serpents. Puis le long des murs, il y a souvent des statues représentatives des arts.
Nous débouchons dans une rotonde, dont la voute à caissons, est percée à la manière du Panthéon de Rome.
Une très grande vasque en porphyre (?) est placée sous l’ouverture. Le sol est couvert d’une mosaïque romaine ancienne réinstallée dans cette pièce, et tout autour, dans des niches, sont posées des dieux, tel Hercule, géant en bronze doré, armé de son gourdin proportionné à la taille du Héros.
La salle est ronde, et il est tentant, pour tout voir, d’en faire plusieurs fois le tour, en dépit de la masse de visiteurs .Un grand sphinx en marbre gris monte la garde à la sortie de ce panthéon.

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Le Lit-sommier

Dans mon souvenir la nouvelle galerie est étrusque.
Et, si le char mortuaire et les premières poteries le sont, ainsi que la vaisselle métallique présentée, les vases polychromes et leurs décors ont évoqué, pour moi, la Grèce antique.
Le mobilier funéraire : chars, lit-sommier construit avec des bande de métal plat et mince, les lampes en bronze, est fantastique, tout parait léger, aérien, plein « d’astuces » techniques. Nous avons pu contempler deux sarcophages en terre cuite, celui d’un homme et celui d’une femme, peut-être ceux qui illustraient les livres de latin de mon enfance. Je balbutiais encore Rosa, la rose, et je rêvais déjà de connaître un jour cette civilisation et celle de Babylone. J’ai arpenté la seconde, enfin, même furtivement, je rencontrais la première.
En sortant de cette exposition, nous passons à côté d’une fenêtre qui surplombe la pigne. En nous penchant, nous découvrons des statues de dieux du domaine des morts égyptiens. C’est donc eux que protègent les lions.

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Guerrier Etrusque

Dans une nouvelle salle, où sont exposées des têtes de grotesques, en céramique vernissée, ou en métal émaillé, je ne sais, nous sommes mis en présence d’une statue de guerrier étrusque. Il n’est pas grand. Il parait vêtu de plaques de métal finement ouvragées. Dans une niche le long d’un couloir nous découvrons le pied d’un colosse, habillé d’une chaussure montante, laissant respirer les doigts du pied. Nous parcourons ensuite une galerie en travaux, protégée côtés et plafond, par des plaques peintes en blanc. Les quelques objets qui font suite, sont habillés de tissus synthétiques blancs.
Cette zone en travaux nous conduit à la salle des cartes. Le plafond est la première chose que l’on voit. Les caissons sculptés sont complètement dorés.

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La Corse (vue de Gênes)

Les cartes présentées sont toutes peintes à la main, d’une grande finesse dans l’exécution. Elles représentent les régions de l’Italie qui appartenaient aux Pontifes, qui étaient alors des souverains spirituels et temporels. Elles ont la

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L’Italie (vue de Rome)

particularité d’être présentées vues de Rome, sauf la Corse, qui elle est vue de Gênes.
Les fenêtres de cette galerie donnent sur une partie des jardins du Vatican.
Dans la galerie suivante nous avons vu des scènes de batailles en présence d’un Pape, des

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Passage sur balcon

scènes de massacre de martyrs des temps des guerres de religion. Le sol est recouvert de mosaïques antiques, et certaines partie de la salle d’immenses tapisseries, qui semblent dissimuler de faux étages.
Nous quittons cette aile du musée par un chemin extérieur, suspendu comme un balcon, protégé contre la pluie, et habillé de garde-fous empêchant quiconque de tomber.
Nous arrivons dans une salle qui parait plus ancienne

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Plafond en trompe l’œil

que celle que nous avons quittée. C’était le cabinet de travail d’un pape. Le plafond de cet appartement est couvert de peintures, dont l’une, peinte en trompe l‘œil, montre la Croix vainqueur du combat sur un dieu païen qui gît, brisé, au sol. Une autre traite de l’évasion de Saint PAUL aidé par l’Archange Saint Gabriel, ou encore de la punition d’un soldat voleur et renégat.
A sa sortie, un nouveau couloir, qui nous permet, de jeter, à nouveau, des regards indiscrets sur les cours et bâtiments.
Sur le plafond du dernier couloir, borgne, sont peints des petits tableaux, racontant une histoire, et de grands écussons.
L’entrée vers la Chapelle Sixtine est à quelques mètres de nous avant les escaliers de ce couloir.
En entrant nous sommes surpris par le bruit provoqué par les conversations du grand nombre de visiteurs. Des ordres fusent, en anglais, lancés par des gardes, en uniforme bleu gris, stationnant devant l’autel : « Silence, les photos sont interdites, vous devez avancer ». Au bout de quelques secondes, le bruit redémarrait, et ainsi de suite.
Nous avons réussi à nous asseoir sur une banquette le long d’un mur, et à contempler et commenter la voûte.

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Le Paradis Terrestre

La surveillance « anti-photographique » était tellement efficace que nous préférâmes acheter un livre traitant de la Chapelle à l’un des étalages disposés tout au long de la galerie à la sortie de la Chapelle.
A la fin de celle-ci, par une esplanade donnant au dessus du jardin, nous avons rejoint un bâtiment d’ expositions de tableaux : beaucoup traitaient de l’Assomption de la Vierge Marie, de la Vierge à l’Enfant, mais aussi de la mise au Tombeau, du Paradis Terrestre. Il y a là de très belles toiles de grands maîtres.
Après un peu plus de six heures de visite, nous avons quitté les musées par un

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Spirale d’escalier

immense et amusant escalier en colimaçon.
Dehors les arbres de Judée étaient en fleur. Il faisait beau. Nous sommes repartis vers la Place del Popolo, dans l’intention de revoir les tableaux du Caravage traitant du Martyr de Saint Pierre et de la conversion de Saint Paul. Une messe imprévue aux horaires nous a empêché de nous approcher de la petite chapelle où ils sont présentés.

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Fontaine du Triton

Nous sommes partis vers la fontaine du Triton que nous n’avions pu voir du fait de travaux de restauration, et de là, place de la République pour la fontaine des naïades qui représentent les Lacs, accompagnées d’un cygne, les rivières, se battant avec un monstre, l’Océan, essayant de monter un cheval sauvage, et Glaucus, au centre, en maître des eaux.

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L’Océan
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Glaucus

Les thermes de Dioclétien étaient fermés, mais les portes de Sainte Marie des Anges et des Martyrs, incrustées de personnages en relief étaient ouvertes pour la messe dans cette église aménagée par Michel Ange, en souvenir des chrétiens martyrs morts en construisant les thermes.

 Yves PRIGENT

à suivre sur :   « Comme un Au Revoir« 

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